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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 22:07

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La dot . Sauver Lakshmi ! "Théâtre-Forum-Inter-Culturel".


Ce spectacle de théâtre forum est né sous une commande de l'ong indienne JKSMS

Il a été créé par "Caravane Théâtre" et la troupe de Théâtre Forum "Carvan"

formée par J.P Besnard 

Voir le texte et les dialogues en fin d'article.

 

La problématique

Il s'agit du problème de "La Dot" en Inde. Cette pratique est interdite par la loi indienne mais elle demeure vivace dans certains milieux. La dot, souvent très élevée,  doit être payée par la famille de la fiancée. C'est une source d'appauvrissement des familles qui s’endettent parfois pour de très longues années. Il se peut que si la famille ne parvient pas à verser la somme d'argent promise, il arrive de terribles "accidents domestiques" mortels à la jeune mariée. Cela permet de partir à la recherche d'une nouvelle (et plus riche) fiancée.    

 Quelques images de la création (déjà) en public.DSC00473

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DSC00511En 2011 Nous avons filmé le spectacle dans un décor naturel, un petit village rural du Rajasthan.

Nous avons mis cette vidéo sur internet. Ainsi les internautes pouvaient pénétrer directement au coeur des paysages et de la culture indienne, suivre cette histoire dans sa réalité quotidienne. En être plus proches, voyager ,non comme de simples touristes voyeurs, mais comme des familliers , dans un espace de voisinage fraternel.

  Ensuite, nous avons joué ce "spectacle" comme une véritable pièce de théâtre,
devant un public de villageois.
Le propos du "Théâtre Forum" est de faire intervenir les spectateurs dans la pièce en leur proposant d'imaginer et d'expérimenter des solutions aux saynettes jouées. Celles-ci contenant des problèmes que les spectateurs tenteront de résoudre à leur façon, selon leur idées, leur imagination et leur culture.On leur demande de remplacer le personnage opprimé et de mettre en place des "stratégies"
Interactivité6
Interactivité8
Une nouveauté?
Nous voulons faire intervenir non seulement des Indiens, parlant la langue des acteurs et vivant au sein de la même culture, mais faire participer des personnes (ici un Français et une Française) de culture difféente qui n'ont pas la même langue.
Pourquoi?
Parce que les solutions qui seront alors trouvées et jouées par ces "étrangers" seront surement inattendues, nouvelles, poétiques, surprenantes et à même d'apporter des tentatives jamais imaginées 
Ici, les deux "Français" proposent des solutions au "Joker" (Le meneur de jeu) . Celui-ci demandera à un spectateur indien et à une spectatrice indienne, parlant tout deux la langue "Hindi"  de jouer leurs propositions.
 Remplacements8
Remplacements9
 

Remplacements6

Nous reprendrons quelques mois plus tard ce système de remplacement en faisant, via internet, participer les internautes du monde entier à la recherche de solutions aux problématiques qui seront mises en scène.


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  Vous trouverez les images de l'album photos dans la liste des albums  du blog à droite

La dot "Theatre-forum-international"

Images du théâtre Forum : "La Dot" prises pendant sa création , lors du tournage du film et lors de sa représentation publique.

 

 

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« LA DOT »   SAUVER LAKSHMI !

ACTE 1 : L’amour impossible 

 

Scène 1 : Bivouac des familles nomades

 

La pièce débute par un chant des gitans du Marvade, contrée désertique du Rajasthan, dédié à tous ceux qui ne restent nulle part, les nomades, les voyageurs. Il se chante tout au long du chemin, pour accompagner la marche dans le désert, et s’adresse au chef de la tribu. Chaque tribu ou famille gitane développe son propre chant ou style de chant.

 

A ji o Deewana, ho ji re mastana ! Hé ! Homme fou et sans souci !

Tu as démonté ta tente pour quitter le Marvade. 

Hé ! Homme fou et sans souci !

Tu es devenu « un homme à vélo » (un citadin) !

Hé ! Homme fou et sans souci,

Tu as apporté une bouteille de whisky...

 

Deux familles nomades installent leurs tentes et accomplissent les rituels quotidiens. La mère cuisine. La jeune fille va chercher de l’eau. Ils commencent à répéter avec leurs instruments de musique.

Dans la famille de Gopal, le garçon et la fille demandent à la mère de leur donner à manger. La mère réplique qu’elle est en train de préparer le repas.

Le père enseigne à sa fille comment jouer de l’harmonium. Ils se mettent à jouer la chanson « Beeti ».

Dans la famille voisine, celle de Kakuda, la plus jeune des filles se met à danser en entendant la musique.

 

La chanson, « Beeti », a pour thème une bague. C’est un signe d’amour. L’aimée demande à son amant de mettre la bague (les villes citées sont célèbres pour la joaillerie).

 

Ma bague est faite d’or,

Ma bague est faite d’argent.

Hé ! Fiancé de la promise, s’il te plaît met-la.

Je l’ai fait faire à Kota,

Je l’ai fait faire à Bundi/...Bikaner/...Deganer/...Jaipur/...Jodhpur.

 

Scène 2 : les amants surpris

 

Très doucement la chanson s’éteint et une autre scène apparaît : Lakshmi, la fille de Kakuda retrouve Ramuda, le second fils de Gopal, au jardin. Jeu de cache-cache. Tous deux s’avouent leur amour, en harmonie avec la nature qui les entoure (ce thème est traité dans le style poétique traditionnel du théâtre indien).

 

Mais leurs parents les surprennent et les séparent violemment.

 

Scène dans la maison de Kakuda. Les parents battent sévèrement leur fille Lakshmi.

La mère : Tu ne te soucies pas du tout de notre honneur ! Sers à manger à tous et fais toutes les tâches ménagères.

 

Scène dans la maison de Gopal. Ramuda est battu par son père.

Le père : Ohoh ! Regardez-moi celui-ci ! Il est allé dans le jardin pour une histoire d’amour ! Je vais te frapper au visage. Assieds-toi et garde le silence.

 

La famille termine de dîner.

 

 ACTE 2 : Le mariage arrangé

 

Scène 1 : La négociation

Dans une famille indienne, les gens se marient selon leur ordre de naissance. D’abord le fils aîné, puis le cadet. D’où le conflit dans cette histoire. Gopal demande à sa femme Madhu si elle accepte qu’ils marient leur fils aîné, Bhola, avec la fille de Kakuda, la jeune Lakshmi.

 Gopal : Je vais arranger le mariage de notre fils Bhola et de la fille de Kakuda. Es-tu d’accord ?

Madhu : Oui.

 Gopal : Oh Kakuda ji ! (Monsieur Kakuda !)

Kakuda : Oui !

Gopal : Vous avez une fille, j’ai un fils. Nous pouvons les marier.

Kakuda : Votre fils ? Oui, je suis d’accord.

Gopal : Fixons le mariage à la prochaine Puran Masi.

(Il montre le ciel et y dessine un carré. Puran Masi est le jour de la pleine lune, jour sacré).

 Kakuda : D’accord. D’abord, il faut que vous voyiez ma fille. (A sa famille) Amenez-la moi.

 

Lakshmi est allée chercher de l’eau. Kakuda la décrit à Gopal, lui faisant l’article de sa fille avec de grands gestes. Quand elle arrive, ils l’examinent comme une marchandise. Gopal, satisfait, retourne chez lui chercher son fils.

 

Gopal : Bhola ! Bhola, viens ici !

Bhola : Oui, père.

Gopal : J’ai fixé la date de ton mariage. La fille est grande, en bonne santé. Elle est très jolie.

Bhola : Mon mariage !

Gopal : Oui.

Bhola : Où vit-elle ?

Gopal : Tout près d’ici.

Bhola : Quel est son nom ?

Gopal : Ecoute, j’ai fixé ton mariage. C’est tout. Ne m’en demande pas plus.

(L’annonce du mariage au garçon et à la fille ne souffre aucune discussion de leur part).

 Gopal : Monsieur Kakuda, Monsieur Kakuda ! C’est à propos de votre fille et de mon fils. Le mariage est fixé, appelez votre fille.

Les deux familles appellent leurs enfants. La fille ne veut pas se marier mais ses parents ne lui laissent pas le choix.

La scène s’efface et une nouvelle scène apparaît avec une chanson.

 

Scène 2 : La cérémonie du mariage

 

La cérémonie débute par le rituel de PEETHI, chez la fille comme chez le garçon, une semaine avant le mariage. La fille ou le garçon s’assoit sur un tabouret bas et les femmes du voisinage et de la famille viennent appliquer le PEETHI sur le corps des fiancés.

Le PEETHI, également connu sous le nom de « UBTON », est une poudre spéciale composée de poudre de curcuma, de farine de pois chiche, d’avoine et d’huile de moutarde. C’est un cosmétique fait maison utilisé pour donner une belle couleur à la peau. Une tradition vieille de plusieurs milliers d’années. Une chanson chantée par les femmes accompagne le rituel :

 

La couleur de la fiancée est devenue plus jolie,

Et elle, elle est devenue belle ; Je lui applique le ubton.

 

Après ce rituel, le garçon et la fille sont prêts pour le mariage. Les membres de la famille les aident à s’habiller.

 

Une coutume veut que le fiancé, avec l’aide de son frère ou du mari de sa sœur, donne de l’argent à tous ceux qui l’ont aidé à se préparer. Pour tous les rituels, chaque fois que de l’argent est donné, le montant doit être de 11, ou 21, 51, 101, 111, 121, 151, etc.

 

Le rituel suivant se nomme ARTI. La sœur du futur marié apporte un plateau sur lequel des offrandes sont disposées : une poudre rouge nommée ROLI ; une lampe indienne appelée DEEPAK, faite d’une mèche de coton et d’huile ; des fleurs ; un petit vase pour l’eau ; du riz.

Elle décrit un cercle avec ce plateau devant le fiancé, et lui applique de la poudre rouge et du riz sur le front. C’est une sorte de bénédiction en échange de laquelle la sœur demande de l’argent à son frère et celui-ci lui en donne.

 

Le fiancé monte à cheval. C’est le moment où on chante, on danse en lançant des Roupies. Quand le cortège arrive à la maison de la fiancée, tout le monde est accueilli chaleureusement.

Le Pandit (le prêtre) commence à réciter son MANTRA. Il donne sa bénédiction. Il fait lancer du riz vers le ciel au fiancé, en signe de paix. Ensuite chacun des fiancés met le collier de fleurs, le MALA, autour du cou de l’autre.

 

Le mantra du Pandit dit que le soleil, la lune, la terre, le feu, l’eau et les personnes présentes sont témoins du mariage du couple. A partir de ce jour, ils sont l’un pour l’autre. Aucun autre homme ou femme ne doit occuper leurs pensées.

Le couple fait sept fois le tour du pot contenant le feu, acte symbolisant les sept promesses qu’ils se font l’un à l’autre.

 

Le couple se lève et reçoit la bénédiction des parents. Maintenant, c’est le temps de l’adieu : la jeune fille quitte sa famille. Elle doit pleurer, tandis que sa famille chante :

 

« Le garçon a pris notre fille,

La fille s’en va dans sa nouvelle famille.

Elle était un coucou

Elle abandonne ses amis.

Où vas-tu ? Où vas-tu en abandonnant ainsi ton père ?

Où vas-tu en abandonnant ainsi ta mère ?

Où vas-tu en abandonnant ainsi tes amis ? »

 

ACTE 3 : la dot impayée

 

La mariée, Lakshmi, vit désormais dans la maison de sa belle-famille. Ses parents, trop pauvres, n’ont pas encore payé sa dot. Elle travaille trop. Son beau-père Gopal lui réclame de l’eau. Sa belle-mère Madhu et sa belle-sœur Sima reviennent du temple.

 

Sima : Mère, tu as vu cette jeune mariée ? Elle a apporté tant de cadeaux à sa belle-famille.

Madhu : Ce n’est pas comme notre belle-fille. Elle ne nous a rien donné, elle !

Sima (à Lakshmi) : Bhabi (grande fille), prend l’assiette. Qu’est-ce que tu fais ? A manger ? Alors qui va faire le ménage ? Ecoute, quand tu auras fini de nettoyer la maison, tu laveras tous les vêtements. (au père, Gopal) Oh père ! Quel genre de femme tu as ramené dans cette maison !

Gopal : Qu’est-ce qui se passe ?

Sima : Lakshmi travaille très peu et dit tout le temps qu’elle est fatiguée. Elle cuisine tellement mal que ça me donne envie de vomir. Et elle ne lave pas bien le linge.

Madhu : J’ai gâché ma chance en mariant mon fils Bhola avec elle. Elle ne nous a rien donné.

Gopal : Où est Bhola ? Il n’est pas encore rentré ?

 Bhola arrive.

Gopal : Oh viens vite mon fils, tu es si fatigué. (à Lakshmi) Apporte de l’eau.

Sima (criant) : Apporte de l’eau !

Tous (à Lakshmi) : A manger !

Bhola affiche son dégoût pour la nourriture qui lui est servie. Sa famille le presse de battre sa femme.

Bhola : Qu’as-tu fait ? C’est de la nourriture, ça ? Tu fais de ma vie un enfer !

C’est la nuit. Tout le monde dort et rêve. Bhola, Sima et leurs parents voient en rêve les parents de Lakshmi apportant des liasses de billets pour la dot.

 Bhola : Oh montre-moi une moto, non celle-ci n’est pas assez bien. Montre-m’en une autre. Oh oui, celle-là est belle.

Sima : De l’argent, plein d’argent ! J’aurai des bijoux, des colliers, des bracelets aux chevilles...

Madhu : Oh, tous ces tissus, ces habits ! C’est si beau !

Gopal (rêve qu’il a de l’argent plein les mains) : Oui... une grande maison, une piscine, une vache et du lait pour rester jeune, des fleurs, des parfums... (il se met à danser avec tous ces biens invisibles).

Au matin, ils se réveillent, se lèvent et constatent que les parents de Lakshmi et l’argent ont disparu. Ce n’était qu’un rêve. Lakshmi fait le ménage.

 

Bhola : Pas d’argent ? Pas de moto ? J’en ai vu une pourtant !

Sima : Où est l’argent ? J’ai vu tant de bijoux !

Madhu : Pas d’argent ? Pas de vêtements ?

Gopal : Où est ma vache ?

Bhola : Oh ! J’avais tant d’argent que j’avais acheté une superbe moto, mais plus rien maintenant, rien du tout.

Gopal : J’ai vu une grande villa, une vache laitière.

Sima : J’avais des tas de bijoux au cou et aux pieds.

Madhu : J’avais aussi des tas de beaux vêtements.

Tous : Tout cela c’est à cause d’elle.

Gopal : Nous devons faire quelque chose.

Bhola : J’ai une idée.

Tous : Laquelle ?

Bhola : Nous pouvons la brûler.

Gopal : Oui, nous pouvons la tuer.

Tous : Comment ?

Bhola. Ecoutez, je vais vous dire comment. Mère, tu vas l’attraper et la maintenir comme cela.

Madhu : Oui.

Bhola (à sa sœur) : Toi, tu lui verses du kérosène dessus.

Sima : D’accord.

Bhola : Et moi, je lui mettrai le feu.

 

Ils vont sournoisement attraper la jeune femme dans la cuisine et allumer le feu. Lorsqu’elle est morte, ils manifestent leur joie. Quand les parents de Lakshmi arrivent, ils leur font croire qu’il s’agit d’un accident domestique ordinaire (le réchaud qui a pris feu) et font mine d’être profondément affligés.

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Published by Jean Pierre Besnard - dans Stages - voyages et formations
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