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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 15:11

Rencontre avec la troupe indienne de « Jana Sanskriti »

 

Nous (Caravane Théâtre)  avions découvert la troupe indienne « Jana Sanskriti » au cours d’une rencontre internationale de théâtre de l’opprimé à Massy. Nous l’avions retrouvée ensuite à Rio. « Jana Sanskriti », c’est une magnifique troupe de « Théâtre De l’Opprimé » qui travaille dans le West Bengale (Inde du nord). Comme  cette troupe vivait des temps de grosses difficultés, nous avions décidé de l’aider. Il s’agissait, pour cette troupe, de s’affranchir de tutelles contraignantes et d’acquérir son indépendance. Nous avons proposé, afin d’amener une aide logistique et financière, de faire venir des Français en Inde suivre une formation au Théâtre Forum. Les Français paieraient leur formation comme si elle se déroulait en France et l’argent serait donné à « Jana Sanskriti ». Au cours de cette formation, Sanjoy le directeur de la troupe et moi-même, nous avons créé des spectacles de « Théâtre Forum » et de « Théâtre Images » avec les Français et les Indiens que nous sommes allés jouer dans des villages où Jana  Sanskriti commençait à s’implanter. Nous avons expérimenté l’interculturel. Nous avons pu vérifier qu’il était possible de travailler, de communiquer et d’intervenir pour transformer des situations d’oppression au-delà du langage avec les techniques du « Théâtre De L’Opprimé ».

 

Spectacle à Digambatpur :

 

A la fin su stage, nous décidons de partir jouer les spectacles dans les villages éloignés de Calcutta. Nous mettrons deux jours pour faire les cent cinquante kilomètres qui séparent Calcutta de ce petit village perdu au fond du Bengale.

Nous essuyons durant tout le trajet une mousson énorme qui nous contraint à descendre très souvent du bus pour nous réfugier dans de minuscules villages, dormir un peu n’importe où dans des cabanes de fortune, de petites pièces étroites et moites d’où l’eau ruisselle de partout avec obstination. Nous profitons des moindres éclaircies pour sortir explorer les environs. Etonnés et émerveillés à la fois comme des japonais découvrant Versailles. Tout était nouveau et surprenant : les caniveaux bouchés, les rues débordantes de monde, les murs défraîchis et brillants sous un soleil à chaque fois tout neuf. Le ciel, en ces temps ce mousson  paraît très gros, bizarre, d’un immense gris bleu comme vu à travers une grosse goutte d’eau, un télescope géant.


La mousson cette une bonne mère qui fait renaître la vie, qui abreuve de son eau comme d’un lait nourricier. Après la tétée, la nature comme les hommes semblent repus revivifiés. Les oiseaux rechantent, les gens re sortent des maisons. La rue re s’anime, on rattrape le temps perdu. La peur et l’ennui quitte les abris. L’énergie circule  à nouveau avec les dernières grosses eaux qui s’écoulent de partout. La vie descendue du ciel ranime les silences, elle gronde soudain dans les veines des hommes et les fossés débordant les rizières.



 Nous reprenons  le voyage. Il nous faut traverser une zone insécurisée. Dans cette région , particulièrement, à la sortie de quelques villages, des bandes de malfrats contrôlent le trafic et prélève ses « impôts » IL faut alors payer pour passer. Parfois c’est plus que de l’argent… Attention ! Danger si on vient de retirer de l’argent à la banque ou si on a fait le malin en exhibant ses billets. Le téléphone indien est très performant et vous n’avez pas encore mis les billets dans le porte feuilles que déjà à 50 kilomètres à la ronde « on » est au courant qu’un riche touriste est lâché dans le paysage. Mais « Sanjoy » nous rassure : « Vous ne risquez rien. On ne vous fera aucun mal. Jana Sanskriti est connu et très respecté dans la région ».En effet. On a été stoppé quatre ou cinq fois sans que nous n’ayons quoi que de soit à « donner » à  la douane « volante »

 

Sur la route nous prenons toute sorte de véhicules et voyageons comme des œufs dans le panier de la fermière. Au début comme « œufs mimosa », puis secoués en mayonnaise, écrasés en omelette espagnole, pour finir battus en neige et servis en île flottante…

 

 

Il nous arrive aussi de voyager super confortables, allongés comme des seigneurs sur des plates-formes de bois qu’on accroche ici derrière les vélos, ou bien : trimbalés dans des bus qui trimbalent, secoués, voyagés sur des sacs de riz, contre des sacs de riz, sous des sacs de riz etc. Toujours heureux de l’aventure !

Le plus dur c’est de terminer le voyage, marcher des heures dans la boue collante qui monte jusqu’aux genoux. Quel boulot de lever le pied !  Mais on le savait…On a le privilège de fouler la terre indienne (comme on foule le raisin chez-nous) de malaxer cette terre accueillante comme les potiers de Safi qui préparent la glaise avant de la façonner. On se fabriquait là, une belle part de notre vie et d’incroyables souvenirs. On riait de si bon cœur, avec nos amis indiens de chacune de nos glissades !...

Chemin faisant, on sourit de nos souffrances : si légères à côté de tant de misères rencontrées. « Sima » chante, « Sotho » l’accompagne de quelque instrument imaginé. On s’étire en file indienne comme un « serpent de verre ». Magique ! Dans la fatigue silencieuse et douce. Par contre notre bon docteur, lui, notre courageux docteur souffre en silence : il vint de se claquer un ménisque !

 

En arrivant aux abords du village de Digambatpur auquel on ne croyait plus, Quelques villageois nous attendent rieurs légers : si accueillants ! Alors, on s’installe sous le robinet délicieux. Digambatpur, c’est le village du Bengale Occidental où J.S. a décidé de faire son nid. Il est tout proche du  Bengladesh et de la mer, accroché sur un bras du Gange.




Ici, la beauté du site n’a d’égal que sa rusticité : pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de routes mais un terroir authentique et verdoyant.

 

Quelques heures, vers les six heures du soir, lavés, relaxés et choyés comme des invités de marque, nous nous préparons à donner nos spectacles. Le « Théâtre »  est là bas en bordure de la rizière. C’est une petite barrière de bois  faite de branchages entremêlés entourant une battisse au toit pointu recouvert de millier de petites ardoises fragiles. Au loin une forêt où palmiers et eucalyptus mêlent leurs branchages aux vent. .

 

Le soleil se couche entre les arbres, il plonge bientôt sur les rizières verdoyantes ondulant comme un fleuve et s’y noie. Dernière petite lueur que l’eau éteint.

 Arrivent en cortège, précédés de quelques lampes à huiles, les indiens du village, paysans et pêcheurs de crevettes, pieds nus. En tricots de peau relevés sur le ventre, genres de  « polos » délavés par le soleil, pantalons blancs de pyjamas « corsaires » ou simple tissus noués à la taille, avec un de effet de jupettes. Parfois le tissu est passé entre le jambes et pris sur le devant, à la taille, ce qui fait un short sûrement très agréable, ample et souple, parfait pour se déplacer dans la boue des chemins. Il y a aussi de nombreux enfants, des fillettes aux robes surannées, trop petites ou trop grandes, rarement à la taille, ouvertes au col et dans le dos.

IL fait humide, moite et chaud. On transpire toute la fatigue qu’on a marchée.

C’est bruyant. L’air est chargé d’insectes piqueurs et bourdonneurs.

 

Le théâtre est en fait une espèce de grande hutte d’une quinzaine de mètres de diamètres. Ouverte sur les côtés. Entourée d’une petit murette. Assis on y est protégé des intempéries « La hutte » est maintenue par quelques piliers. Le sol est de terre tassée.

Première séquence : La danse des bâtons.  Le spectacle des indiens.

 

La troupe de Jana Sanskriti nous fait la danse des bâtons en signe de bienvenue puis, c’est à notre tour de jouer. On le fait à l’indienne : comme au cirque, on dégage un cercle qui sera notre espace de jeu. On se dispose autour de ce cercle, en première ligne, aux quatre coins du rond ! Et, on n’est pas seul !

Dans cette enceinte de théâtre, il y a maintenant des centaines de spectateurs. Les plus grands sont montés sur la murette, les enfants se sont classés par taille. Assis pour les premiers, à genoux pour la seconde rangée. Des bébés incontrôlés circulent tout nus et « passent » de bras en mains.

Les moyens sont debout, viennent les tout petits dans les bras des mamans ou des papas en troisième position puis pêle-mêle les autres tailles. Certains s’assoient sur la murette. Les plus grands ou les plus timides sont debout, à l’extérieur comme un dernier cercle protecteur et amical.

Entre les plus hautes têtes et le toit de pailles de riz, violet foncé : une bande de ciel de nuit.

 L’histoire : scène d’exposition :

 

La scène se déroule dans une entreprise. Dans un coin du cercle, trois bambous de deux mètres de haut posés sur le sol comme un trépieds symbolise une maison. C’est celle du patron. Il bavarde avec sa femme

Sur le côté opposé, une femme fait un geste répétitif (comme à l’usine) elle est  assise entre deux autres femmes qui semblent travailler elles aussi. Une troisième arrive, sûrement en retard vu le geste du contre maître qui se lève, regarde sa montre et la réprimande violement.

Le patron quitte son domicile et vient s’asseoir sur une natte, au milieu de l’espace scénique.

Dans le coin gauche de la scène, je ne sais pas si vous avez remarqué il y a une seconde maison, entre les trois bambous : une jeune femme et un jeune homme.

Soudain, on entend de violents cris. Un homme s’avance, une atèle en bois à la jambe gauche. Il marche avec difficulté en s’appuyant sur un long bâton. Ca semble être le mari et le père des deux autres comédiens. Il explique son accident il vient d’être renversé par une voiture.  

La femme catastrophée, nous explique par des gestes simples qu’elle se demande comment la famille pourrait s’en sortir sans le salaire du mari.

Bien sûr il n’est pas question que le fils quitte son école.

Alors, elle se propose d’aller chercher du travail.

La voilà devant notre contremaître.

Après l’avoir, écouté, regardée, dévisagée, inspectée, examinée, soupesée et évaluée, notre homme  va trouver le patron.

« Comment est-elle ?» demande-t-il ? Et il mime très clairement les « arguments » que devrait avoir la jeune femme si elle espère être embauchée. Elle est embauchée.

Le patron la convoque dans son bureau, il lui propose à boire. Essaie de lui caresser les cheveux. Elle se résiste. Il la poursuit. Et comme elle refuse toutes ses avances,  il la renvoie travailler. On devine à ses regards qu’il ne la gardera pas.

 

La jeune femme explique à ses collègues comment elle a été agressée par le patron.

Toutes la repoussent. (Elles se détournent physiquement d’elle)

La cloche sonne. C’est la fin de la journée. Les ouvrières quittent l’usine. Le contremaître vient signifier à la dernière employée que si elle ne se soumet pas au patron elle sera renvoyée

Le jeu entre le contremaître  et le patron et le regard qu’ils lancent tout deux en direction de la femme, ne laissent aucun doute sur l’issue de l’histoire
La jeune femme qui veut travailler mais qui refuse les avances de son patron tend les bras et ouvre les mains en direction des spectateurs. Elle referme les mains en signe de prière puis elle r’ouvre les bras pour demander de l’aide.

 Fin de la première partie.  Place aux remplacements.


 
Sima est le joker de l’interactivité. Elle questionne le public en bengali. Elle propose aux spectateurs de venir aider la jeune femme en la remplaçant et en jouant à sa place leurs solutions..

 

  Une vieille vielle petite bonne femme d’indienne en sari blanc (style Mère Térésa) sort du public. Elle prend l’écharpe que portait la jeune femme opprimée (en signe de remplacement)

et va s’asseoir au milieu (de la piste) près du patron. Quand celui-ci lui propose un verre elle le refuse clairement, se relève, désigne le sol de son doigt impératif et prend un visage sévère et déterminé : « Pose ton verre à terre et ne refais plus jamais ça ! ». Après,  elle lui tint tout un discours (qu’on ne comprend pas)

Les spectateurs se marrent !

  Une jeune femme  sort du public à son tour. Elle se met à genoux devant le patron. Et fait le geste de la prière. Le suppliant de l’embaucher. Le priant comme si c’était son dieu…

Elle lui baise les pieds. Lui, perdu ne sait plus que faire.
Les français rient.
Le public indien applaudit.

  Une femme se met avec les ouvrières, prend la place de l’une d’elle.

Quand l’opprimé de retour de son entrevue avec le patron vient la trouver pour requérir son aide, elle se lève, essaie, sans succès d’entraîner les autres ouvrières. Elle va se planter devant le patron qu’elle invite d’un geste autoritaire à se lever et lui « parle du pays » Elle essaie de le sensibiliser à la situation désespérée de cette famille.

Elle lui dit qu’il le tire son argent des travailleurs.

Comme ce patron ne semble rien entendre, elle se retourne vers la comédienne opprimée (dont elle a pris la place) et lui tient un discours moralisateur. Elle lui donne des conseils pleins de « pêche » (dont la comédienne ne peut pas ne pas retenir l’aspect rebelle, frondeur, tenace et déterminé)

 Et le public commence à s’échauffer (après s’être bien chauffé…) 

Note : Sima le personnage « Joker » parle très mal l’anglais. Les traductions qu’elle fait parfois de ce que disent les acteurs indiens ne sont pas compréhensibles. Pour comprendre ce qui se passe du côté indien, pour improviser, les comédiens français se baseront davantage sur les intentions qu’ils devinent, sur leurs intuitions, sur le langage non verbal et l’énergie qui sous-tendent les mots, sur de la mélodie des phrases plus que sur leur sens.

De plus Christian qui joue le rôle du patron oppresseur, lui-même (et d’autres acteurs)  parle peu l’anglais et pour moi ce n’est pas si pratique de traduire une traduction et faire les aller retours continuels. On reste donc sur l’intuition et l’inter culture. L’important c’est que ça marche !

 

Une autre jeune et belle femme sari vert pomme, Tilak au front les yeux passés au « col » un léger maquillage… (Malicieuse, elle sourit de temps en temps sur elle-même ou sur le bel effet qu’elle prépare) se met devant le contremaître puis devant le patron les défiant du regard.

 

Une autre va secouer le fils pour qu’il aille lui-même travailler

Enfin un homme prend la place de l’opprimée (ça rigole de partout). Comme il ne peut pas se faire entendre de Christian le patron, il s’adresse aux autres spectateurs pour trouver de l’aide. Les spectateurs tout excités s’en mêlent dans un brouhaha indescriptible

 Mais malin il attend patiemment que les comédiens poursuivent l’histoire comme si de rien n’était. Quand arrive la femme du patron, il la prend par le bras et (on le devine)  lui explique la situation. Le patron se fait alors rosser par la patronne sous les applaudissements du public, du joker et des tous les autres spectateurs.

 Le forum  bat son plein, les acteurs tout comme les spectateurs se libèrent.

Quand Christian est tout à fait perdu, les français lui lancent des  « …vire le !....colle-lui z’en une…t’es un véritable enfoiré comme mec…alors, t’a pas honte !...tu fais ça parce qu’elle ne peut pas comprendre…raciste .Tu fais le malin devant les faibles …etc. »

Je pense que les indiens doivent faire la même chose !

  Un autre homme remplace la femme : il (elle)  parvient à mobiliser les autres ouvrières sur son sort. Elles vont toutes ensemble « faire la fête au patron » C’est un déchaînement ! Tout le monde se défoule. Haro sur le patron ! Cette allégresse générale démoralise Christian qui (vraiment) s’effondre par terre « J’en ai mare » Dit-il !

Et là on commence à découvrir la véritable histoire : l’une des ouvrière est la maîtresse du patron, l’autre est une bonne copine à sa femme, le contremaître  touche des bakchichs pour les embauches etc.

 Ah ! Le forum, on y explore toutes les situations, même celles auxquelles on ne pensait pas. L’interculturel ! Quelle énergie communicative ! Quelle poésie se dégage des incompréhensions ! Pas besoin de mots, le langage du corps, les expressions du visage, les déplacements, la lenteur ou la rapidité des gestuelles, la force ou la faiblesse des intentions etc. tout ça aide à la compréhension. On atteint au langage universel : pas de barrière pour la communication, l’entraide, la solidarité. Comment on s’extrait des histoires et des malheurs quand on ne rendre pas dans les détails qui font qu’on projette et qu’on s’englue dans sa propre histoire !!! On prend de la hauteur !!! On prend de la distance !!! On voit le fond, pas uniquement la forme. La forme n’est là que pour révèler les enjeux.

 

Troisième partie : le défoulement :

 

Un homme prend la place de la femme du patron. Il le battra à mort sous les hourra de la foule on se croirait dans les arènes romaines. Pour un peu on tournerait le pousse vers le sol pour mettre à mort ! Une vraie correction. C’est un peu tirer sur l’ambulance ou bien achever le blessé…et ça dure…ça dure

 

Un autre homme remplace la femme et c’est elle (lui) qui va sans qu’on ne lui demande rien trouver  chaque ouvrière pour leur demander si elles n’auraient pas de problèmes avec son mari. C’est qu’on deviendrait méfiant dans la famille !...

Cela se re termine par une re mise à mort de la bête !

Puis ce sera une intervention policière

Le mari qu’on avait abandonné dans cette histoire viendra lui aussi se faire justice.

Epilogue

 Le jour se cache peu à peu. Nous ne sommes bientôt plus éclairés que par quelques lampes à huile. Faibles lueurs vacillantes. La nuit tombe, sur le théâtre, solide comme du béton. Elle pèse sur nos épaules et sur nos têtes. Les enfants excités se calment.

Paradoxalement les yeux  des uns et des autres s’ouvrent à l’intelligence de l’inter culturel au bonheur de se comprendre. L’effort et la tension de comprendre puis de lâcher l’intellect nous réunissent. Nos corps se rapprochent. Les souffles se mélangent maintenant. Nous ne sommes plus des français et des indiens côte à côte mais des Êtres unis par la magie de ce « Théâtre » : qui n’est pas tout à fait que du théâtre  mais plus du bonheur à  vivre l’instant, à nous pousser à imaginer, tous ensemble, notre meilleur futur.

 

On reste là deux jours à jouer, communiquer, découvrir cette vie fascinante des « pêcheurs-paysans-comédiens » Quand au milieu d’une nuit sur chauffante, dardar il nous faut lever le camps : il paraît q’un ouragan menace. C’est vrai que le ciel est très sombre, sans la moindre étoile, balayée par le vent super violent. Nous montons sur une étrange embarcation, une espèce de barque très plate et longue, de celles qui servent à la pêche par ici.

Passer du rivage à l’eau nous  prend un certain temps et quelques frayeurs. On est une vingtaine à devoir prendre place là où dix personnes suffiraient à faire chavirer l’engin. A chaque monté la fragile embarcation balance et menace de chavirer. Il faut tester lentement l’équilibre au ralenti, marcher léger, avancer prudemment : danser sur l’eau. Le plus  risqué c’est d’y installer les 110 kilos de notre bon docteur.

Puis miracle, on s’est écarté du bord ! La barque glisse sur l’eau. Ça y est : on flotte sur un Le Gange.

Au devant de la barque un indien sonde le fond avec une corde lestée d’une grosse pierre, guidant la trajectoire de la barque. Rament quatre rameurs. Au milieu du fleuve et du silence, une voix soulève un petit chant de nuit, léger comme un voile. Chanson langoureuse qui calme l’angoisse de chavirer, d’être emportés au loin, vers la mer.

 On est là « sous les étoiles exactement » mais on se sent davantage au fond de l’encrier… et la tornade qui menace !...

 On n’a qu’une seule lumière ! Une seule, celle que l’homme à la corde a installée à ses côtés pour guider le bateau


Une heure plus tard  « Terre ! Terre ! »  
c’est la délivrance !!!
C’est comme si on venait de découvrir  l’Amérique 
En fait, c’était bien mieux que ça ! 
 Et on le savait tous.

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Published by jpbes - dans Témoignages
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